Shiatsu et Anma

Meijiamma-1 L’Anma, que l’on peut traduire par « calmer par le toucher », est l’ancêtre du shiatsu actuel.

Il est souvent pratiqué par des non-voyants. On peut commander une séance de Anma dans les hôtels au Japon, et une petite dame non-voyante, qui ne paye pas de mine, arrive même à des heures très tardives, et vous passe au rouleau compresseur pendant plus d’une heure. Les pressions sont très fortes, et lorsque nous, pauvres occidentaux, hurlons de douleur, elle rigole…

Pour revenir à l’historique, sur un ton plus studieux, l’Anma devint un art de masser en se séparant du tuina chinois en 1320 avec la création de l’école d’Akashi Kan Ichi. Le shiatsu est donc directement issu de l’Anma, elle-même issue de la médecine chinoise.

Deux ouvrages sur l’Anma en expliquent les techniques: l’Anpuku Zukai publié en 1827 (dont le shiatsu actuel s’inspire largement); et l’Anma Tebiki  publié en 1835. Au XVIIe siècle l’Anma sera popularisé par le célèbre acupuncteur japonais Sugiyama Waichi devenu aveugle à 10 ans. Il est encore considéré comme le père de l’acupuncture japonaise.

Au début du XXe siècle, la médecine chinoise au Japon a bien failli être éradiquée par les Américains. Mais à l’ère Showa (1926-1989) il y aura un retour aux sources pour la médecine chinoise qui retrouvera ses lettres de noblesse avec notamment deux ouvrages sur le Yin Yang et les 5 Eléments en 1934 et la « méthode de shiatsu thérapeutique » de Tenpeki Tamai en 1939. Shizuto Masunaga, fondateur du Zen Shiatsu, (ou Iokaï Shiatsu, école dont je suis issue), fera quant à lui le lien entre le Zen, la médecine chinoise, le shiatsu et la psychologie.

L’Anma utilise 10 techniques telles que tapotements, rotations et frottements, pétrissage, pression des pouces, vibration, étirements, etc…Il n’y a pas de diagnostic à proprement parler et le traitement est plus « yang », plus dynamique et suit un protocole.

Le shiatsu, comme je l’ai appris et le pratique est plus yin (beaucoup d’écoute), on pose un diagnostic et cela permet de traiter des symptômes et conditions assez précises.  Personnellement j’apprécie énormément l’Anma, que j’ai découvert avec Shinjiro Mori ainsi qu’au Japon. Selon moi il n’y a pas de méthode meilleure qu’une autre… Cependant il est je pense difficile de trouver de bons praticiens d’Anma en Europe.

(sources: Les Secrets de la médecine chinoise, n°36, août 2018),